EquiTABLE
Résumé du projet
La transition vers une alimentation plus saine et plus responsable est un défi collectif à relever. Mais manger durable reste difficile pour les personnes en situation de précarité.
Ce projet en Sciences et Recherches Participatives est porté par des chercheurs (INRAE) et des acteurs associatifs (épicerie sociale), pour favoriser une mobilisation citoyenne inclusive, digne et socialement acceptable en faveur de la transition alimentaire. Financé par l’ANR (AAP SAPS-RA-RP2), ce projet pilote vise à créer une mobilisation citoyenne ‘avec’ et ‘pour’ les usagers d’une épicerie sociale autour de l’alimentation durable sans reproduire de démarche verticale mais en laissant les usagers s’emparer de la question de la transition alimentaire, à partir d’actions de sensibilisation à l’alimentation durable, et de modifications de l’offre alimentaire proposée en épicerie portées par la mobilisation.
In fine il s’agira d’évaluer comment cette mobilisation peut affecter le ressenti des mangeurs (légitimité, capacitation, satisfaction, littératie alimentaire) et leurs achats en épicerie sociale.
Informations complémentaires
Date de début et date de fin du projet Mai 2025- Décembre 2026
Coordinateurs du projet Sandrine MONNERY-PATRIS
Identification ANR du projet
ANR-24-SARP-0017
Contexte
Enjeux et objectifs
Evaluation de l'impact de la mobilisation
Deux méthodologies ont été retenues.
1/ Une première évaluation qualitative, reposant sur la conduite d'entretien auprès des usagers et des personnes impliquées dans la mobilisation, mesurera l'effet de la mobilisation sur le ressenti et le pouvoir d’agir des mangeurs (en termes d’estime de soi, de capacitations, de sentiment de légitimité, et de littératie alimentaire), et permettra de comprendre les mécanismes d’appropriation de ce dispositif participatif
2/ Une seconde évaluation quantitative analysera la qualité nutritionnelle et environnementale des achats alimentaires réalisés au sein de l'épicerie sociale, avant et après le déploiement de la mobilisation.
Ethiques et RGPD
Partenaire impliqué
Le projet mobilise des acteurs du monde non académique : l’épicerie sociale EpiSourire , dont la directrice est Patricia Aguera. Une épicerie sociale et solidaire est un magasin proposant une offre alimentaire variée que les consommateurs défavorisés peuvent choisir librement et payer à un prix représentant 10 à 30 % du prix habituel, et offrant un accompagnement personnalisé et des ateliers collectifs. Ce type de structure permet de redonner une dignité à l'approvisionnement alimentaire, en rétablissant l'acte d'achat, contrairement aux dons et aux banques alimentaires (Andriessen & van der Velde, 2023). Bien que leur structure et leur fonctionnement soient très hétérogènes en France, les usagers qui peuvent recourir ce type d’aide sont adressés par un travailleur social afin de lutter contre l’insécurité alimentaire qui se définit ainsi « Ne pas avoir accès de manière régulière à des aliments sains et nutritifs en quantité suffisante ». en 2022, à Dijon Métropole, la précarité concernait 30 240 personnes (14%) et sur Dijon 19 220 personnes (15%). Concernant EpiSourire, ce sont 1 430 foyers qui ont été accueillis à EpiSourire en 2022, soit 3 732 personnes.
Résultats attendus
Les résultats attendus sont de deux types.
En premier lieu, nous nous attendons à observer un effet favorable de la mobilisation1- sur le sentiment de légitimité, de satisfaction, d'acceptabilité et d'engagement dans la transition alimentaire des mangeurs,et 2- sur la qualité nutritionnelle et environnementale des achats réalisés en épicerie sociale dans le sens d'une alimentation plus durable. Les résultats permettront de proposer également un état des lieux des attentes, des aspirations et des pratiques des mangeurs les moins favorisés, pour favoriser la transition alimentaire vers une alimentation plus durable, état des lieux réalisés par les mangeurs eux-mêmes, et de comprendre comment la question de la transition alimentaire peut être prise en compte par les mangeurs, notamment les plus précaires, pour qu’ils se sentent légitimes et acteurs dans cette transition. Les résultats devraient permettre d'identifier des actions concrètes issues de la mobilisation citoyenne, pour ne plus apprendre des autres mais apprendre avec les autres.
En second lieu, ces actions « pilotes » créées 'par' et 'pour' les mangeurs et dont les effets auront été évalués, pourront donner lieu à des publications (académiques et non académiques) et à des livrables (livrets, « boites à outils » etc.) qui pourront être exportés et essaimés à d’autres structures sociales (maisons d’éducation populaire par exemple) mais aussi d’autres régions. L’effet transformant attendu se situe d’une part dans le regard de la société envers les mangeurs les plus démunis, qui ne doivent pas être exclus de la transition alimentaire et avoir accès à des aliments de bonne qualité, et d’autre part, dans l’empowerment de ces mangeurs trop souvent exclus, invisibilisés et/ou recevant des messages sanitaires complétement décalés ou inadaptés à leur situation, et/ou une offre alimentaire non durable, renforçant d’autant leur sentiment d’impuissance et d’exclusion.